Guide pratique · Obligation légale · 14 min de lecture
Facturation électronique : ce qui change pour votre activité entre 2026 et 2027
La facturation électronique devient obligatoire pour la quasi-totalité des entreprises françaises assujetties à la TVA, entre 2026 et 2027.
Voici, en clair et sans jargon inutile, ce qui change, qui est concerné, et comment vous y préparer sans y perdre votre temps.
Et si vous préférez être accompagné(e) sur cette transition plutôt que de tout gérer seul(e), c'est aussi ce que je propose.
Dans cet article
- Pressé(e) ? La checklist en 6 étapes
- Pourquoi cette réforme
- Qui est concerné, et qui ne l'est pas
- Le calendrier à retenir
- Le vocabulaire à connaître (e-invoicing, PPF, PA...)
- Choisir sa plateforme agréée
- Les sanctions en cas de non-conformité
- Les mentions obligatoires
- Les erreurs les plus fréquentes
- Mon accompagnement
Pressé(e) ? La checklist en 6 étapes
Pour celles et ceux qui veulent l'essentiel tout de suite, voici, dans l'ordre, ce qu'il faut faire concrètement avant le 1er septembre 2026. Le reste de l'article détaille chaque point pour qui veut comprendre le pourquoi.
1. ✅ Vérifier que vous êtes bien concerné(e)(à faire seul(e), 2 minutes)
Saisissez votre numéro SIREN dans l'annuaire officiel de la facturation électronique (nouvel onglet). Résultat immédiat, gratuit, sans compte à créer. Le détail est expliqué plus loin dans l'article, section "Qui est concerné".
2. 🔍 Vérifier si votre logiciel actuel est une vraie plateforme agréée(couvert par l'audit)
Un logiciel qui sait préparer une facture au bon format n'est pas forcément habilité à la transmettre (la nuance est détaillée plus loin). C'est précisément ce que je vérifie lors de l'audit.
3. 🛠️ Choisir une plateforme agréée si vous n'êtes pas équipé(e)(accompagnement)
La plupart sont gratuites pour la simple réception. À l'issue de l'audit, vous repartez avec une recommandation adaptée à votre volume ; la souscription elle-même se fait dans le cadre de l'accompagnement, si vous le souhaitez.
Pensez dès maintenant à l'émission : même si elle n'est obligatoire qu'en septembre 2027 pour les TPE et micro-entreprises, mieux vaut choisir une plateforme qui la couvre déjà, pour ne pas devoir en rechanger ni migrer vos données une seconde fois.
4. 🛠️ Vérifier que votre adresse est bien inscrite sur le PPF(accompagnement)
Le PPF (Portail Public de Facturation) est l'annuaire officiel et gratuit de l'État : c'est lui qui indique à vos clients et fournisseurs où vous envoyer leurs factures. Votre adresse de facturation, elle, n'est ni une adresse postale ni un e-mail : c'est un identifiant technique basé sur votre SIREN. Une étape souvent oubliée, même une fois la plateforme choisie. Je vérifie que c'est bien fait, et je relance le support de la plateforme si besoin.
5. 🛠️ Migrer et mettre à jour votre base clients(accompagnement)
Le SIREN de chacun de vos clients professionnels devient une donnée obligatoire sur vos factures : sans lui, ou avec un numéro erroné, votre facture n'arrive pas à destination. Cette étape implique de reprendre votre fichier clients (logiciel, tableau, ou parfois dossiers papier) et de vérifier, client par client, le SIREN, l'adresse de facturation et l'absence de doublons. Sur une base de plusieurs dizaines de contacts, c'est souvent le chantier le plus long, plus que le choix de la plateforme elle-même.
6. 🛠️ Tester une première réception avant le 1er septembre(accompagnement)
Ne découvrez pas le fonctionnement de votre plateforme le jour de l'échéance. Concrètement : demandez à un fournisseur habitué au format électronique de vous envoyer une facture, ou utilisez l'environnement de test que proposent la plupart des plateformes agréées avant la mise en production. Vérifiez ensuite que tout le circuit fonctionne : réception, lisibilité, archivage.
⚠️ Ce que l'audit vous donne concrètement : un état des lieux de vos outils, une recommandation de plateforme, et un plan écrit reprenant chacune de ces étapes. Vous pouvez ensuite les mener seul(e), ou me les confier dans le cadre de l'accompagnement complet.
Pourquoi cette réforme, et ce qu'elle vous apporte
L'État poursuit plusieurs objectifs avec cette réforme : simplifier les échanges entre entreprises, lutter contre la fraude à la TVA, et disposer d'une vision plus fine et plus rapide de l'activité économique du pays.
Concrètement, cette réforme vous apporte aussi un vrai bénéfice, rarement mis en avant. Vous saurez désormais si votre facture a été reçue, lue, acceptée ou contestée par votre client, en temps réel. En cas de retard de paiement, vous disposerez d'une vraie preuve que le document est bien arrivé, ce qui n'était jamais garanti avec un simple e-mail.
Qui est concerné, et qui ne l'est pas
La règle à retenir est simple : si vous exercez une activité professionnelle, vous êtes très probablement concerné(e), au moins pour la réception des factures.
Concernés
- Toutes les entreprises assujetties à la TVA : artisans, commerçants, professions libérales, quel que soit leur secteur d'activité, y compris les micro-entreprises en franchise, en métropole et dans les DROM où la TVA s'applique (Guadeloupe, Martinique, La Réunion)
- Les associations, dès lors que leurs activités lucratives accessoires dépassent 81 051 € de recettes annuelles (seuil 2026)
Non concernés, ou concernés différemment
- Les entreprises établies en Guyane et à Mayotte, où la TVA ne s'applique pas, ainsi que certaines collectivités d'outre-mer autonomes
- Les entreprises étrangères non établies en France, pour leurs opérations réalisées hors de France
- Certains secteurs exonérés de TVA pour leurs actes réglementés : santé, enseignement, banque et assurance, location nue d'habitation, petites associations non lucratives
- Les ventes à des particuliers, qui suivent le circuit de l'e-reporting plutôt que l'e-invoicing
⚠️ Piège fréquent : une activité exonérée de TVA (santé, enseignement...) n'a pas à émettre de facture électronique pour ses actes exonérés. Mais elle reste tenue de pouvoir recevoir ses factures fournisseurs au format électronique dès septembre 2026. L'exonération ne joue que dans un sens.
💡 Le point le plus mal compris : être en franchise en base de TVA (comme une micro-entreprise) ne veut pas dire être hors du champ. Franchise en base n'est pas la même chose qu'exonération de TVA.
Il faut distinguer redevable de la TVA (la facturer et la reverser à l'État) et assujetti à la TVA (exercer une activité qui entre dans son champ). Une micro-entreprise en franchise n'est pas redevable, mais elle reste assujettie : elle est donc concernée.
Pour en avoir le cœur net, saisissez simplement votre numéro SIREN dans l'annuaire officiel de la facturation électronique (nouvel onglet) : résultat immédiat, gratuit, sans compte à créer.
💡 Le volume de factures que vous recevez n'a aucune importance : que vous en receviez 2 ou 200 par mois, l'obligation reste exactement la même. Il n'existe aucun seuil en dessous duquel vous seriez dispensé(e).
Le calendrier à retenir
| Date | Ce qui devient obligatoire |
|---|---|
| 1er septembre 2026 | Réception des factures électroniques (toutes les entreprises concernées, quelle que soit leur taille) |
| 1er septembre 2026 | Émission de factures électroniques (grandes entreprises et ETI) |
| 1er septembre 2027 | Émission de factures électroniques (PME, TPE et micro-entreprises) |
Le vocabulaire à connaître
Une facture qui n'était jusqu'ici qu'un simple PDF envoyé par mail devra désormais passer par un circuit contrôlé par l'État, dans un format que les logiciels savent lire automatiquement. Ce n'est pas qu'une image, c'est une définition légale : l'article 289 bis du Code général des impôts exige un document émis, transmis et reçu sous forme dématérialisée, avec un socle de données structurées, exactement ce qui distingue une vraie facture électronique d'un simple PDF. Ce nouveau circuit s'accompagne de son propre vocabulaire, voici de quoi il retourne.
L'e-invoicing, c'est l'échange de factures électroniques entre entreprises françaises.
C'est le cœur de la réforme : votre facture passe par une plateforme agréée, dans un format que les machines savent lire directement.
L'e-reporting, c'est l'envoi à l'administration fiscale des informations sur les ventes qui ne passent pas par l'e-invoicing : vos ventes à des particuliers, ou à l'étranger.
Vous n'envoyez pas de facture électronique à ces clients-là, mais vous devez tout de même signaler la vente au fisc. Le ticket de caisse remis à un particulier reste tout à fait valable : c'est juste la transmission de ses données à l'administration qui change, pas le document remis au client.
Vous pouvez très bien devoir gérer les deux à la fois, l'un pour vos clients professionnels en France, l'autre pour vos ventes aux particuliers ou à l'étranger.
PPF, PA, OD
Trois sigles vont revenir souvent dans ce que vous allez lire ou entendre. Voici à quoi ils correspondent, sans détour :
- PPF (Portail Public de Facturation) : l'annuaire officiel et gratuit de l'État, qui recense les entreprises et leur adresse de facturation électronique, sans faire transiter les factures elles-mêmes
- PA (Plateforme Agréée, anciennement appelée PDP) : un prestataire privé agréé par l'administration, capable de tout gérer pour vous, émission, réception, transmission, archivage
- OD (Opérateur de Dématérialisation) : votre logiciel de facturation habituel, qui se connecte à une PA ou au PPF pour transmettre vos factures
⚠️ Un point qui prête souvent à confusion : le PPF ne remplace pas Chorus Pro.
Chorus Pro reste, et restera, la plateforme obligatoire pour facturer le secteur public (mairies, hôpitaux, administrations), une obligation qui existe déjà depuis 2020.
Le PPF, lui, ne concerne que les échanges entre entreprises (B2B), et se limite à un rôle d'annuaire.
Dans la pratique, la plupart des indépendants et petites structures passent directement par une PA, qui fait aussi office d'outil de facturation au quotidien. Les factures sont transmises dans un format structuré comme le Factur-X, lisible aussi bien par un humain que par une machine.
Solution compatible ou plateforme agréée : la nuance qui change tout
Avoir déjà un logiciel de facturation ne veut pas dire être prêt(e) pour la réforme, et la différence tient à un mot : agréée.
Une solution compatible sait préparer une facture au bon format, mais ne peut pas la transmettre elle-même : elle doit passer par une PA.
Une plateforme agréée, elle, gère tout de bout en bout. C'est elle, et elle seule, qui vous met réellement en conformité.
La plupart des plateformes agréées sont gratuites pour la simple réception de vos factures, l'abonnement payant ne devenant nécessaire que lorsque vous commencez à émettre ou que votre volume de factures augmente.
Vous pouvez donc tester une plateforme dès maintenant sans frais, puis en changer plus tard si elle ne vous convient pas, une fois vos besoins réels mieux cernés.
Parmi les plateformes agréées les plus connues des artisans, indépendants et petites structures : Pennylane, Tiime, Indy, Qonto, Axonaut, Sage, Cegid et Sellsy. Ce ne sont que quelques exemples parmi la liste officielle, qui compte plus d'une centaine de plateformes.
⚠️ Si vous êtes déjà équipé(e) d'un logiciel de facturation, vérifiez en priorité qu'il figure bien sur l'annuaire officiel sur impots.gouv.fr (nouvel onglet). C'est la seule source qui fait foi : un statut affiché sur le site d'un éditeur ne remplace pas cette vérification.
⚠️ Un abonnement à une PA ne suffit pas à lui seul. Une étape reste souvent oubliée : inscrire votre adresse de facturation dans l'annuaire du PPF, l'annuaire officiel de l'État. Sans cette inscription, vos clients et fournisseurs ne peuvent tout simplement pas savoir où vous envoyer leurs factures électroniques.
Précision utile : cette adresse n'est ni une adresse postale ni un e-mail. C'est un identifiant technique construit à partir de votre numéro SIREN, propre au circuit de la facturation électronique.
Concrètement, que faire : une fois votre PA choisie, elle se charge normalement d'enregistrer votre adresse dans l'annuaire à votre place, lors de votre inscription. Pensez simplement à vérifier que cette étape a bien été faite, en consultant votre fiche sur l'annuaire officiel de la facturation électronique (nouvel onglet) avec votre numéro SIREN. Si votre fiche n'apparaît pas ou reste vide, contactez le support de votre PA : c'est elle qui doit régulariser l'inscription, pas vous directement.
💡 Vous n'avez rien à envoyer vous-même à vos fournisseurs ou clients pour les prévenir : une fois votre adresse enregistrée, l'annuaire s'en charge tout seul. Au moment d'émettre une facture, votre partenaire commercial y retrouve automatiquement votre plateforme et votre adresse, sans démarche de votre part.
Quelles sanctions en cas de non-conformité ?
La loi de finances 2026 a fixé, et durci, les montants des amendes applicables :
| Manquement | Sanction financière |
|---|---|
| Absence de recours à une plateforme agréée | Mise en demeure, puis 500 € si non-régularisation, puis 1 000 € tous les 3 mois |
| Facture non conforme au format électronique | 50 € par facture, plafonné à 15 000 € par an |
| Absence de transmission des données (e-reporting) | 500 € par transmission manquante, plafonné à 15 000 € par an |
Un droit à l'erreur existe : la première infraction n'est pas sanctionnée si elle est régularisée spontanément, ou dans les 30 jours suivant une demande de l'administration. Un retard ponctuel au démarrage ne déclenche donc pas de sanction immédiate, même si cela ne dispense pas de se mettre en conformité.
⚠️ Le vrai risque n'est pas que financier.
Une facture non conforme peut être refusée ou bloquée par vos clients ou votre plateforme, ce qui retarde vos encaissements, bien avant même de recevoir une amende.
Une précision à garder en tête : si vous facturez à l'étranger, les règles sont différentes et plus légères, à vérifier séparément.
Les mentions obligatoires sur vos devis et factures
La réforme change le format de vos factures, mais elle ne dispense pas des règles déjà en vigueur sur leur contenu.
Voici ce qui doit obligatoirement y figurer :
- Identité complète du vendeur et du client : nom ou raison sociale, adresse, SIRET
- Numéro unique et chronologique : sans trou ni doublon
- Date d'émission et date de la prestation ou de la vente
- Désignation précise des produits ou prestations, quantité et prix unitaire HT
- Taux de TVA applicable, ou la mention d'exonération si vous êtes en franchise ("TVA non applicable, art. 293 B du CGI"). Cette formule change au 1er janvier 2027 pour "TVA non applicable, art. L. 223-3 du code des impositions sur les biens et services", l'ancienne restant tolérée jusqu'au 31 décembre 2027
- Total HT et TTC
- Conditions de règlement : délai de paiement, pénalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement
Pour un devis, ajoutez une durée de validité claire, et la mention "devis gratuit" si c'est le cas.
Certains secteurs réglementés (santé, professions juridiques) ont des mentions complémentaires : à vérifier avec votre expert-comptable si vous en avez un, ou directement auprès de votre ordre professionnel.
4 nouvelles mentions apportées par la réforme
La facturation électronique enrichit aussi le contenu de vos factures. Depuis le décret n° 2022-1299, quatre données supplémentaires deviennent obligatoires :
- Le numéro SIREN de votre client (entre professionnels) : il sert d'adresse de routage à votre plateforme pour acheminer la facture
- L'adresse de livraison, si elle diffère de l'adresse de facturation
- La nature de l'opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux
- L'option pour la TVA sur les débits, si vous avez choisi ce régime
⚠️ Un SIREN client manquant ou erroné empêche concrètement votre facture d'arriver à destination. Mettez à jour vos fiches clients avant l'échéance, plutôt que de le découvrir facture par facture.
Les erreurs les plus fréquentes
- Attendre la dernière minute : les plateformes se remplissent, les délais s'allongent à l'approche des échéances
- Choisir un outil au hasard : toutes les solutions ne se valent pas selon votre volume de factures et votre secteur
- Négliger la formation : un outil mal pris en main génère plus d'erreurs qu'il n'en évite
- Confondre migration et conservation : vos factures déjà émises n'ont pas besoin d'être reformatées ni réimportées dans votre nouvelle plateforme, la réforme ne concerne que les factures à venir.
En revanche, il faut migrer votre base clients (SIREN, adresses) et veiller à la continuité de votre numérotation, pour ne pas créer de trou dans la séquence.
Vos anciennes factures restent simplement soumises à l'obligation de conservation déjà en vigueur avant la réforme (10 ans au titre du Code de commerce, 6 ans pour l'administration fiscale)
Envie d'être accompagné(e) sur tout ça ?
Basée à Marseille, j'accompagne des artisans, professionnels de santé et indépendants dans cette transition, en présentiel ou à distance : les étapes de la checklist ci-dessus marquées 🛠️, de l'audit initial au suivi une fois l'outil en place.
⚠️ Je ne suis pas habilitée à exercer la comptabilité. J'interviens sur la mise en place, la migration et la transmission des pièces, en lien avec votre expert-comptable si vous en avez un.
Sources
Direction générale des Finances publiques, impots.gouv.fr (nouvel onglet)
Bulletin officiel des finances publiques, bofip.impots.gouv.fr (nouvel onglet)
Urssaf, urssaf.fr (nouvel onglet)
Textes de loi et décrets cités, legifrance.gouv.fr (nouvel onglet)
* Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel (expert-comptable, avocat fiscaliste) sur votre situation particulière.